Lorsque j'ai appris cette nouvelle hier soir, j'ai été d'abord heureux mais lorsque j'ai entendu les circonstances dans lesquelles Ingrid Bétancourt a été libérée, je me suis tout de suite posé plusieurs questions. "L'armée colombienne a libéré les otages sans un coup de feu!" . J'ai tout de suite été circonspect. Soit c'était une action de force menée de main de maître et je conseillerai (avec un peu de cynisme) au Commando paras du 3°RPIMa d'aller faire un stage en Colombie, soit c'était une action non militaire à proprement parlé mais simplement une simple contribution des militaires.

A l'édition de 13h00 de France Inter, il est donné un peu plus de détail sur les conditions de la libération. On y apprend que cette opération était plutôt une transaction entre les responsables des FARC et les autorités colombiennes, qu'une action de force de l'Armée. Comme le précisait cette station Gilles Perez, de trop nombreux points montrent l'influence des USA dans cette libération : - présence de John Mac Cain à Bogota - présence du Commandant la 4° force Aéroportuaire - un superviseur américain présent de bout en bout pour cette opération

En fait il y a un retournement des deux commandants Urique et César, qui contactés par radio ont accepté de déposer les armes et de libérer les otages contre de l'argent et l'asile politique français _ ce dernier ayant au préalable été confirmé par Paris à la demande la Colombie , quinze jours auparavant_.

Pourquoi mettre en avant une opération militaire? Pour montrer que la loi reste à la Force et que l'influence de Chavez et de Sarkozy reste minimisée. Pour se maintenir au pouvoir Urique a besoin de cette démonstration de force. Pour couper court aux espoirs progessistes sud américains il faut diminuer l'influence de Chavez. Mais lorsque l'on regarde concrètement la situation, sans Chavez et la France les deux commandants n'auraient sans doute pas cédé. Attendons de voir s'ils seront en France dans quelques temps.....

Enfin pour terminer, louons le travail des services de renseignement (plus d'origine humaine si j'en crois les informations de Gilles Pérez, que techniques) et surtout réjouissons nous que les otages aient été regroupés avec les trois américains. Sinon il y a fort à parier que nous serions encore en train d'attendre le sourire d'Ingrid Betancourt.